Coutumes religieuses – Curiosités dans le patrimoine religieux

1 – Coutumes religieuses à Manigod

1.1 – Les rogations

Au printemps, les chapelles vivent un temps fort : les rogations (en patois, on dit « rogachon » ou « raveson »), ce qui signifie : « prières ou supplications ». On désigne sous ce nom les trois jours de processions, avec chant des litanies des saints qui précédaient le jeudi de l’Ascension. Le troisième jour des rogations, les fidèles venaient dans les chapelles, faire provision d’eau de Saint Grat et s’en servaient pour asperger les jardins et les champs, cette eau devant protéger les troupeaux et détruire les insectes. Le curé bénissait aussi des pousses de noisetier dont on faisait des croix en les incisant avec un couteau. De retour à la maison, les familles plantaient une croix dans le jardin, une dans les champs labourés, une au-dessus de la porte d’entrée et parfois une sur la porte de la grange.
Le culte de Saint Grat est fondé sur une légende selon laquelle au 5ème siècle, une multitude de rats ayant infesté le Val d’Aoste, l’évêque bénit de l’eau avec laquelle il les aspergea et les obligea à se tenir à distance de la ville. Il devint alors un saint essentiellement agraire, vénéré des agriculteurs et des vignerons comme protecteur des cultures contre les insectes et les intempéries.

1.2 – Le voisinage

Le voisinage est à l’origine une association de paysans qui ressentait la nécessité de s’entraider pour travailler la terre, entretenir les voies d’accès, veiller les morts,… Par exemple, lors des labours, si quelqu’un empruntait une jument, il devait une journée de travail à son propriétaire.
Actuellement, la tradition du voisinage existe toujours et celui-ci s’occupe surtout de l’entretien de la chapelle. « On est du voisinage de telle ou telle chapelle » et cette appartenance est transmise oralement de génération en génération.
Au fil des années, des travaux de restauration effectués ou réglés par les personnes du voisinage ont été effectués dans toutes les chapelles de Manigod.

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2 – Curiosités dans le patrimoine religieux

2.1 – La source de Saint François de Sales

Sur la route conduisant à la chapelle du Montpellaz, dans le bois en contre-bas, se trouve l’oratoire Saint François de Sales édifié en souvenir du grand saint savoyard de la contre-réforme.

En 1607, pour appliquer les décisions du Concile de Trente, Saint François de Sales fut le premier évêque à visiter toutes ses paroisses. La légende raconte qu’il s’arrêta dans ce sous-bois pour se désaltérer. Depuis, l’eau de cette source dite miraculeuse serait bénéfique pour les yeux malades. Vous pouvez vous désaltérer.

2.2 – La selle de Saint François de Sales

Après la visite de la chapelle de la Charmette, continuez votre route. Non loin de là, se trouve « la selle de Saint-François de Sales ». Le 11 octobre 1607, suite aux décisions du Concile de Trente, Saint François de Salle est le premier évêque à visiter l’ensemble de ses paroisses. Avant d’emprunter le chemin qui le conduisit jusqu’à la commune voisine du Bouchet-Mont-Charvin, il s’adossa contre cette pierre qui aurait miraculeusement pris la forme de sa tête, ses épaules, ses reins. et son bras droit.

D’après les textes de Sylvain Vittoz (Mémoire sur les Antiquités Religieuses – 1852) et Perrine Fillion (2002).  

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Les fours à pain de Manigod

Article en cours d’élaboration

A Manigod, il existe 15 fours à pain :

    • 5 fours communs (four commun : four qui est la propriété des habitants d’un hameau) ;

    • 10 fours privés.

Fours communs

  • La Chapelle-Dessous ;
  • Les Plans de Comburce ;
  • Chalmont ;
  • Les Murailles ;
  • Villard-Dessus.

Fours privés

  • Plan des Berthats ;
  • Chez Pollet ;
  • La Proverange ;
  • Chenavray (Chenavray  de l’Envers) ;
  • La Grange ;
  • Péroset ;
  • Les Nants ;
  • Sous le Rocher ;
  • Boulangerie du village ;
  • Marie DENAND (route de Chalmont).

La catastrophe des Andrans

Article paru dans « Le Petit Journal » du lundi 5 avril 1897

EN SAVOIE : LA CATASTROPHE DE MANIGOD

(Dépêche de notre correspondant)
Annecy, 4 avril, 6 h 30 soir.

La nouvelle de la catastrophe de Manigod m’est parvenue hier soir à huit heures.

Ce matin à cinq heures, par une pluie battante, je m’y suis transporté. Le temps est épouvantable. Tout le long de la route ce ne sont que des champs submergés. L’eau coule de tous côtés, et les plus petits filets d’eau sont transformés en gros ruisseaux.
J’arrive à Thônes à huit heures. Là, je suis obligé de changer de voiture car les chevaux sont fatigués. Deux nouveaux chevaux me transportent à Manigod. Il me faut deux heures pour parcourir la forte montée de Thônes à Manigod, pour arriver aux lieux de la catastrophe.
En même temps que moi arrivent le secrétaire général de la Haute-Savoie, M. Schoendoerefer, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, M. Desroche, ingénieur ordinaire, M. Perillat, conseiller d’arrondissement du canton de Thônes, M. Aimé Veyrat, adjoint au maire de Manigod.
Nous arrivons au pied de la coulée de boue. Devant nous le torrent s’allonge sur deux kilomètres jusqu’à l’origine de la catastrophe.

Le lit, qui était très encaissé et dont les berges étaient boisées, est maintenant nivelé par une masse de boue qui, à certains endroits, atteint une prodigieuse hauteur. Le torrent se perd dans cette boue qui continue à avancer lentement.

Les ruines

La première maison détruite est une scierie qui était située à 4 kilomètres du chef-lieu de Manigod, en montant, c’est-à-dire en face du village de Coriaz.
Cette scierie appartenait à M. Joseph Veyrat-Durbex.
Nous arrivons ensuite près de l’emplacement qu’occupait le pont du nant Borrient.
Ce pont, qui était élevé de dix mètres au-dessus du lit, a été emporté.
La scierie de M. Pierre Bozon-Leydier, maire de Manigod, ainsi que le moulin de M. Pierre Sonnier, qui étaient situés près de ce pont, ont disparu.
Nous montons toujours, et notre guide nous montre l’emplacement du moulin d’Emmanuel Rouge-Pullon, ainsi que les traces d’un grenier de Joseph Maniglier.
A environ 300 mètres plus haut, au lieu-dit Vers-les-Nants, sur la rive droite, nous voyons les ruines d’une importante maison appartenant à M. Joseph Maniglier. Cette maison avait été reconstruite, car l’ancienne avait été emportée, il y a vingt-trois ans, par les débordements du torrent. Nous ne pouvons aller plus haut, car les champs sont transformés en véritables mares.

La pluie tombe toujours d’une façon désespérante et nous enfonçons tous dans la boue.

Du reste le lieu d’origine de la catastrophe est très visible. A un kilomètre en avant de nous, le nant Borrient que nous venons de parcourir se divise en deux branches, celle de gauche en montant est nommée nant de la Croix-Furiez, celle de droite nant de Landran. La partie comprise entre ces deux branches forme un mamelon de 200 mètres de hauteur, au sommet duquel se trouvait le hameau de Landran.

C’est au-dessous de ce hameau que l’éboulement s’est produit. Toutes les maisons ont été emportées avec l’éboulement.

La catastrophe s’est produite samedi matin vers cinq heures.

M. Claude Fillion, qui habite sur le côté opposé du torrent l’ayant le premier aperçue donna aussitôt l’alarme et put prévenir assez tôt les habitants de l’Andran qui s’enfuirent, après avoir sauvé le bétail.

C’est ainsi qu’il n’y eut aucune victime.

Le glissement

Le glissement s’est produit avec une vitesse de 40 centimètres à la minute. Il a duré toute la journée de samedi. Sur un parcours de 2 kilomètres, c’est un véritable chaos de boue, d’arbres, de pans de maisons et de bois.

Un léger éboulement s’était déjà produit dans la journée de vendredi, mais les habitants n’y avaient attaché aucune importance.

Outre les maisons détruites, de véritables forêts de sapins ont été emportées et une quantité immense de terrains de culture a été recouverte par la boue.
Toutes ces terres resteront improductives.

Les pertes sont énormes. Il est difficile de les évaluer actuellement.

A la première alerte, toute la population de Manigod s’est transportée sur les lieux pour porter secours dans la mesure du possible.
Lors de mon passage, de nombreuses équipes d’hommes de bonne volonté rivalisent de zèle pour sauver les épaves et arracher à la boue le plus de débris possible.
Les habitants sont absolument consternés, car ils craignent une seconde catastrophe.
Les riverains du torrent déménagent. Les bois ont formé barrage au confluent du Borrient et du Fier et ont ainsi retenu les terres d’éboulement.
Il est à craindre qu’au moment où ce barrage viendra à se rompre, ces terres ne se précipitent dans la vallée du Fier et ne viennent causer des dégâts à la ville de Thônes.

Le lieu d’origine de l’éboulement est composé d’une couche de terre végétale de 80 centimètres d’épaisseur sous laquelle se trouve une couche d’argile de 2 mètres d’épaisseur. On suppose que cette argile ayant été délayée par les eaux de pluie a glissé en entraînant la couche végétale. L’éboulement s’est produit au sommet sur une largeur de 800 mètres dans le lit du torrent.
La masse de boue a de 100 à 150 mètres de largeur et une hauteur moyenne de 50 mètres.

Historique de l’Inventaire à MANIGOD

7 MARS 1906

Si la foi des habitants de Manigod n’a pas encore transporté des montagnes, elle a du moins, le 7 mars 1906, transporté une imposante force armée. Trois compagnies du 30e sur pied de guerre, 70 gendarmes, deux commissaires spéciaux, M. Naudet d’Annecy, et celui d’Annemasse, 4 crocheteurs civils, Isard, Marcoz, Dunoyer et Pratter, d’Annecy. Le préfet, dit-on, et M. Leyat, procureur de la République, en permanence chez M. Hôtelier, juge de paix à Thônes, la voiture cellulaire prête à emmener en prison tous les manifestants arrêtés et condamnés d’avance, tout cela mobilisé pour une paroisse de 300 électeurs. 400 hommes armés, contre 300 citoyens paisibles, telle est la situation créée par un préfet habile !!!

La nouvelle de ce déploiement de force armée s’était bien répandue la veille dans la population ; on se refusait à le croire. Aussi, au matin, tous les préparatifs se bornaient à une rangée de casseroles formant guirlande à l’entrée du village, et un drapeau en berne au clocher. Soudain, vers 9 heures, on apprend la mise en marche d’un détachement quittant Thônes ; alors c’est une frénésie ; l’église est envahie, les cloches s’ébranlent, sonnant le glas, les bancs s’entassent en barricades formidables derrière six portes de l’église.

Dans la crainte de voir l’église cernée avant l’heure, le clergé se décide à porter le Saint-Sacrement à la cure. La messe peut cependant se dire à l’heure habituelle, pendant qu’une compagnie fait halte à 400 mètres du village. Aussitôt après la messe, M. l’abbé rappelle aux assistant les paroles de calme dites par M. le Curé le dimanche précédent ; il les supplie de regarder cette mobilisation incompréhensible et ridicule comme un honneur pour leur foi. « Si vous voulez écouter mon conseil, ajoute-t-il, vous laisserez l’église complètement vide, vous n’occuperez pas même les abords, ce sera un moyen d’éviter tout incident regrettable et de rendre plus ridicule un tel déploiement de force armée. » De vives protestations accueillent ces paroles : « Abandonner notre église, jamais ! » Un groupe de catholiques (d’hommes, de femmes) s’y enferment. A grand-peine les prêtes peuvent obtenir que personne ne reste sur le perron ; sans cette soumission et cette précaution, les pires incidents étaient à craindre de la part d’une population que l’arrivée intermittente des troupes excite toujours plus.

En attendant l’heure, M. le Curé se promène sur le perron en souriant ; M. l’Abbé, près du Conseil de Fabrique, dit tranquillement son bréviaire.

Un dernier groupe apparaît à travers les arbres dénudés, groupe qui a dû faire tressaillir le feston des casseroles ; ce sont les gendarmes, escortant les commissaires, l’agent et les plus répugnants de la troupe, les crocheteurs. A midi et demi, l’agent, M. Martin, et les commissaires escaladent le perron surplombant la place. M. le Curé veut lire sa protestation : « Je suis prêt à entendre votre protestation, dit l’agent, mais quand vous la lirez sur les portes ouvertes de votre église. – « Dans ce cas, répond M. le Curé, je ne la lirai pas. » Et il proteste avec vivacité contre les illégalités commises, contre le déploiement de troupes fait pour la première tentative d’inventaire. « Pour qui donc prend-on mon peuple, s’écrie-t-il ; veut-on nous traiter comme des sauvages ? »

Un colloque assez vif s’engage d’ailleurs entre M. le Curé, M. l’Abbé, les membres de la Fabrique et l’agent de l’Inventaire. Devant le refus catégorique d’ouvrir les portes, M. Martin, se décide à entendre les protestations de M. le Curé et du Conseil de Fabrique.

Après un nouveau refus, sans en référer au préfet, M. Naudet fait connaitre sa mission de procéder par violence. « Exécutez vos ordres, lui est-il répondu. » –Ce n’est pas à la victime à aider les bourreaux, avait dit M. le Curé dans sa protestation. » M. Naudet procède aux sommations, qui restent inutiles. La porte qui sera sacrifiée est choisie. Les crocheteurs s’approchent sous les huées. On voit l’un d’eux s’élancer avec un lourd pal de fer. Oh ! ce frisson et ce cri de protestation qui parcourt les fidèles groupés derrière les soldats, lorsque le premier coup s’abat sur cette porte respectée même pendant la Terreur de 93. Et pendant une heure les coups, les efforts se succèdent contre cette porte barricadée qui résiste quand même, comme la foi de toutes les générations qu’elle a vues se succéder. Les protestations à l’extérieur s’unissent aux cantiques chantés à l’intérieur. Les glas continuent, lugubres. Exaspérés par cette résistance, un commissaire et deux crocheteurs se détachent, et vont attaquer une seconde porte, celle de la Chapelle du Sacré-Cœur. Celle-ci résiste moins ; le troisième coup la fait céder ; il s’agit de traverser la barricade ce qui se fait non sans peine. Enfin la victoire reste à la force, et on voit deux ou trois gendarmes acharnés arracher les bancs avec rage, les élever et les précipiter à terre pour les briser. Puis, lorsque les deux issues sont ouvertes, les gendarmes s’y engouffrent, poursuivent les assiégés qui se refusent à sortir de leur église. M. l’Abbé lui-même essaye de calmer et le zèle des uns et les protestations des fidèles. Il arrache même des mains d’un gendarme une mère de famille que celui-ci bouscule. Cet excès de zèle outré, pour ne rien dire de plus, ne fut le fait que de deux ou trois sectaires.

Enfin, l’agent peut pénétrer ; il opère illégalement encore, seul, sans témoins, au milieu des bancs brisés et à travers les barricades. Il est d’ailleurs lamentable, le spectacle de cette église en désordre avec son Autel couvert de ses tentures de deuil.

L’armoire à trois clefs avait été portée en sacristie. Les détenteurs des clefs refusent d’ouvrir. « Elle nous sera bien inutile quand nous serons dépouillés, fait remarquer M. le Curé, vous pouvez la forcer. » M. Naudet intervient avec ses nouveaux employés les crocheteurs ; « J’aurai le plaisir de vous voir opérer une seconde fois, dit en souriant M. le Curé ; ce travail vous va très bien. » Il ne reçoit pas de réponse.

Enfin, c’est fini, les soldats s’ébranlent, acclamés ; les agents et les crocheteurs disparaissent, vigoureusement conspués. Le petit village de Manigod avait eu l’honneur d’être mis pendant trois heures et demie en état de siège pour sa foi, mais ce siège ne sera pas un des plus beaux titres de gloire du préfet Ténot, affolé par des rapports imbéciles et des racontars idiots.

A peine les abords de l’église sont-ils évacués que la foule se précipite ; on se dispute les débris des portes ; on en fera des croix, tristes souvenirs qu’on gardera cependant avec fierté. Puis on se groupe dans l’église, examinant les dégâts, commentant les incidents, riant de la peur causée au ridicule représentant d’un gouvernement persécuteur. Bientôt le désordre se répare, le Saint-Sacrement est rapporté en triomphe dans sa demeure ; le lendemain soir, grâce aux bonnes volontés, les dégâts n’apparaissaient plus ; seules des portes provisoires attendaient celles que de généreux donateurs se sont spontanément offerts à reconstruire à leurs frais.

Simple coïncidence

Au moment où l’agent pénétrait, commençait à la Chambre des députés la séance qui devait renverser le ministère Rouvier, l’auteur de la loi de séparation. Trois mois après sa promulgation, cette loi, par ses inventaires sanglants, faisait crouler le ministère qui avait promis de l’exécuter jusqu’au bout.

Au moment de l’Inventaire, étaient :

  • Curé : M. l’Abbé Joseph Bosson, depuis 16 ans.
  • Vicaire : M. l’Abbé Joseph Colloud, depuis 11 ans.
  • Membres du Conseil de Fabrique : MM. Favre François, Président, Bozon Pierre, Maire, Josserand Marie-Joseph, Accambray Aimé, Avettand-Fenoël François, Veyrat-Charvillon Cyprien, de La Vellaz.

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Protestation de M. le Curé de Manigod.

Monsieur,

Le Curé de Manigod soussigné fait les déclarations suivantes :

La loi dite de Séparation de l’Église et de l’État est condamnée par le Pape et par tous les évêques de France. Elle est tenue pour impie et contraire à la Constitution de l’Église, comme renversant la justice et foulant aux pieds les droits de propriété de l’Église, comme violant la fidélité au traité de son annexion à la France, qui lui garantissait tous ses droits, existant en 1860.

L’inventaire ordonné par cette loi est considéré par tous les vrais catholiques comme la mainmise de l’État sur les biens de l’Église, comme le prélude de la spoliation. Les inventaires de 1792 et les inventaires récents des biens des Congrégations religieuses servent de leçons pratiques. Les aveux et les menaces des ennemis de Dieu sont formels et publiques. En 385, saint Ambroise disant à Valentinien qui voulait s’emparer d’un édifice sacré : les choses divines ne sont pas soumises à la puissance de l’empereur romain.

De nos jours des législateurs sectaires ne peuvent pas plus disposer en maîtres des biens qui ne leur appartiennent à aucun titre.

Les biens de l’Église et du Bénéfice-Cure de Manigod, confiés à ma garde, proviennent des libéralités de prêtres et de fidèles qui ont fait des sacrifices et des fondations pour le Culte divin. Les droits des fondateurs sont imprescriptibles et immuables. Le curé doit surveiller les fondations et en acquitter les charges mais il ne peut, en aucune manière, éluder ou changer les intentions des fondateurs.

Pour toutes ces raisons, je proteste de toute l’énergie de mon âme contre le susdit inventaire des biens de l’Église et du Bénéfice-Cure de Manigod.

Je proteste, non seulement pour moi, Curé, mais encore pour tous mes pieux paroissiens, dont la foi et les opinions religieuses sont bien connues.

Je suis invité à prendre part à cette triste opération ; mais certainement ce n’est pas à la victime à aider les bourreaux.

Pour moi, ne voulant et ne pouvant, en conscience, participer à l’exécution de la loi scélérate condamnée par le Pape sous tout rapport, je ne prendrai aucune part ni directe, ni indirecte à cet inventaire tout en réservant et en voulant revendiquer par tous les moyens légaux, les droits des particuliers, des fondateurs, de l’Église et du Bénéfice-Cure de Manigod.

Je demande que la présente protestation soit consignée en tête du procès-verbal de l’inventaire.

Manigod, le 7 mars 1906.
Joseph Bosson, Curé

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Protestation des Membres du Conseil de Fabrique de Manigod

Les soussignés, membres du Conseil de Fabrique de l’Église de Manigod, déclarent protester de toutes leurs forces contre l’Inventaire qui leur est imposé. Ils protestent, parce qu’il est la première exécution d’une loi condamnée, le 11 février dernier, par le chef de l’Église, le Souverain Pontife auquel ils se déclarent unis et soumis de toutes les forces de leur âme, de tout l’amour de leur cœur.

Ils protestent, parce que, en vertu de l’art. 5, paragraphe 1er de la loi de séparation, cet inventaire n’est pas autre chose que le premier acte d’une mesure destinée à dépouiller la Fabrique de Manigod de fondations pieuses dont nous, Fabriciens, avons la garde.

Ils protestent contre un acte qui est une attaque directe contre leur honorabilité de citoyens français. L’inventaire est, en effet donné comme mesure conservatoire et préservatrice. Ceux qui l’ont imposé supposent donc que, nous, Fabriciens, nous manquerions à l’engagement de bien administrer le patrimoine de l’Église qui nous est confié ; ils supposent donc que nous Fabriciens, nous nous rendrions coupables d’aliénation, de soustractions ou de détournements à l’égard des biens que nous regardons comme plus sacrés et plus inviolables que les nôtres propres. Une supposition si injurieuse, nous la retournons avec l’estime qu’elle mérite, contre ses auteurs.

Ils protestent contre l’exécution d’un Inventaire qui, pour être strictement légal, n’aurait dû être fait qu’après publication entière du Règlement d’administration publique complétant la loi.

Ils protestent au nom de toute la population de Manigod, qui par souscription publique faite notamment en 1886, a orné et meublé son Église, et au nom de tous les donateurs dont ils réservent les droits. – Ils entendent, de plus, faire toute réserve sur les meubles, immeubles, sol des établissements du culte et fondations qui seraient couverts par les droits acquis du traité d’annexion de 1860.

Ils protestent, parce que l’Histoire leur fait craindre que cet Inventaire ne soit le prélude de la fermeture de leur Église.

Comme il conste d’après une délibération du Conseil Communal de Manigod du 16 Nivôse an II de la République, cette église fut déjà inventoriée au commencement de la Révolution et le dernier dimanche du Février 1793, elle était fermée, les objets du culte étaient volés par le Directoire révolutionnaire.

Ils protestent enfin en rappelant un fait de leur Histoire. Le 14 octobre 1792, nos ancêtres donnaient à l’unanimité le consentement à leur union avec la France, à la condition que la Religion de leurs pères demeurera intacte. (Procès-verbal de cette assemblée).

Dans le fort de la Terreur, ils exposaient leurs biens et leur vie en cachant dans leurs demeures les prêtres mis hors la loi.

Aujourd’hui, voulant continuer les traditions de nos ancêtres au nom de toute la population chrétienne de Manigod, nous déclarons ne jamais vouloir nous courber devant la plus petite atteinte à la liberté de conscience et à notre foi, pas plus devant celle qui doit s’accomplir aujourd’hui que devant celles qui pourraient la suivre.

En conséquence, unis au Chef de l’Église, unis à la condamnation solennelle qu’il a faite de cette loi injuste, considérant que nous ne sommes pas autorisés à disposer de biens dont nous ne sommes que les administrateurs, déclarons nous opposer à cet inventaire et refusons d’y prendre part, même à titre de témoins muets et attristés.

Toutefois, nous requérons l’insertion de la présente protestation en tête du procès-verbal dudit Inventaire, avec toutes les réserves qu’elle contient.

Délibéré, fait et signé à Manigod, le 7 mars 1906.

FAVRE François, Président.
BOZON pierre, Maire.
JOSSERAND Marie-Joseph.
ACCAMBRAY Aimé.
AVETTAND-FENOEL François.
VEYRAT-CHARVILLON Cyprien, de La Vellaz.

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_______________________________________________________________________________________ Annecy, Imprimerie J. ABRY, 3, rue de la République. – 06-3312

Les chapelles

Il est assez remarquable que les 6 chapelles de Manigod soient placées sur deux lignes : l’une s’étend par le fond de la vallée, depuis le Villard-Dessous jusqu’à la Charmette en passant par les chapelles de Joux et Tournance, tandis que l’autre ligne s’étend du Montpellaz au Plan des Berthats ; de sorte que ces deux lignes forment une croix avec l’église au croisement de ces deux lignes.

Ces 6 chapelles sont sises dans les hameaux de :

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Expo photo 2016

 

Affiche expo photoDurant l’étExpoPhotoChezgiloué 2016 (de début juillet à fin octobre), l’exposition photo « Village de Manigod : d’hier à aujourd’hui » a retracé l’évolution du village (le Chef-Lieu) pendant près de 2 siècles.
  
Près de 150 photos, réparties sur 27 panneaux ont été présentées à travers le village (vitrines de la Poste, la boulangerie, la mairie/OT, l’ancienne supérette, l’auberge du Sulens, le salon de coiffure « Nathalie », les magasins éphémères, le clocher et l’ancienne mairie).

Cette exposition, visible 7 jours/7 et 24h/24, a connu un très vif succès.

 

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Résultats du concours photo 2016

Résultats Concours Photo 2016

Pendant l’été, Manigodins et touristes ont été invités à participer à un concours photo sur le thème « Le village de Manigod et ses hameaux. A vous de nous les montrer tels que vous les aimez ! »
Une quinzaine de photographes amateurs ont parcouru la vallée en quête du cliché vainqueur.  
Les meilleurs clichés ont été récompensés lors du repas-spectacle du 13 novembre 2016 à la Salle des Fêtes de Manigod.

Concours Photo 2016 – 1er Prix Enfant

Concours Photo 2016 – 1er Prix Adulte

Concours Photo 2016 – 2e Prix Adulte

Concours Photo 2016 – 3e Prix Adulte

Concours Photo 2016 – 4e Prix Adulte

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L’Aulp de Fier

L’AULP DE FIER D’EN HAUT
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L’AULP DE FIER D’EN BAS
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Documents d’archives
31 décembre 1882 : achat de la montagne dite de l’Haut de Fier

Le Conseil fait connaître à l’assemblée que la montagne dite de l’Haut de Fier est mise en vente ; que la commune de Manigod peut acquérir cet immeuble qu’elle avait possédée autrefois, et en outre des avantages qui reviendraient à la commune de cette acquisition, elle ferait cesser le nombre de procès-verbaux qui, à peu près toutes les années, résultent de cette montagne sur le terrain communal.

…prie le Conseil de prononcer qu’il entend faire l’achat de la dite montagne, et demande jusqu’à quelle somme il pourrait aller aux enchères.

….Considérant les avantages incontestables qui résultent pour la commune de l’achat de cet immeuble, en fournissant, dans quelques années, un produit toujours assuré, et désirant d’ailleurs de faire cesser les disputes continuelles qui surviennent entre les propriétaires voisins du territoire communal pour le motif indiqué ci-devant… le Conseil à l’unanimité, prie le Maire d’acheter la dite montagne au nom de la commune.

23 mars 1883 /Préfecture de la Haute-Savoie/ autorisation de vente ou d’acquisition par une commune
Le Préfet de la Haute-Savoie…

  • vu la délibération du Conseil municipal de Manigod en date du 31 octobre 1882, et du 4 février 1883, votant l’acquisition au pris de 35 600frs de la montagne dite du Haut de Fier, appartenant à la dame Prévost Marie, veuve de Mr Plantamour Emile,
  • la promesse de vente inscrite le 31 octobre 1882 par Sr Cuillery JF, mandataire de la dame veuve Plantamour
  • le procès-verbal d’expertise dressé le 18 février 1883 par r Gay, maire des Clefs,
    considérant que l’acquisition projetée est avantageuse en ce qu’elle donnera une plus-value considérable aux propriétés communales avoisinantes et enclavées en partie…, Mr le maire est autorisé à passer acte authentique de l’acquisition de la montagne de l’Haut de Fier.

joint acte 7 décembre 1882 constitution mandataire d Mme Plantamour, J F Cuillery, maître d’hôtel à Thônes

2 E 9412 / notaire André à Thônes
29 mars 1883 / n°109 / acquisition de la montagne de l’Haut de Fier

Vente d’immeubles en faveur de la commune de Manigod, représentée par Mr Pierre Accambray, son maire

Prix 35 600

Par devant Mr Barthélémy André, notaire à Thônes, ont comparu,
D’une part :
Mr J.F Cuillery, maître d’hôtel, demeurant à Thônes, agissant en qualité de mandataire de Mme Marie Prévost, veuve de Mr Emile Plantamour, propriétaire, demeurant à Genève, aux termes de procuration du 7 décembre 1882…. (annexé au présent),
D’autre part, Mr Pierre Accambray…, maire du même lieu, propriétaire demeurant à Manigod, agissant en cette qualité, comme chargé de l’exécution d’un arrêté de Mr le Préfet de Haute-Savoie du 23 mars courant,

De Mr Joseph Veyrat-Durebex…, conseiller municipal,

Lesquels comparant ont éxécuté comme suit :

La propriété dénommée montagne de l’Haut de Fier possédée par Mme veuve Plantamour, née Prévost, sur ladite commune de Manigod, contenant chalet, pâturages, lac, bois et rochers de le contenance de 190 ares, 67 ares et 92 centiares, représentée à la Mappe locale, sauf erreur par les n° entiers 9442 9443 9444 9463 9464 9465, et par partie de ceux 9462 9467 94568, et confiné au couchant par la propriété de Claude Avettand-Fenoêl, au nord par la commune d’Ugine et des autres côtés par celle de Manigod

Origine de la propriété

Mme Plantamour se trouve propriétaire des immeubles dont il s’agit, tant en sa qualité d’héritière pour une moitié de Mr Louis Alexandre Prévost, son père, que pour s’être attiré, par acte du 10 mai 1870, aux minutes du notaire soussigné, les droits de Mme Amélie Prévost, épouse de Mr…, sa sœur, et sa cohéritière pour l’autre moitié de la succession paternelle.

Ces immeubles étaient parvenus à Mr Prévost, en vente que lui en avait faite Mr le Baron Antoine François Auguste Saladin, de Genève, par acte du 15 avril 1850 (Mtre Perreard, notaire à Annemasse), et en vertu d’un acte d’échange passé avec la commune de Manigod le 18 juillet 1863, devant Mtre Bailly, notaire à Annecy),

Enfin, ces immeubles avaient donné lieu à une délimitation intervenue entre Mr Prévost, la commune de Manigod et le sieur Avettand-Fenoël, du même lieu, réglé par procès-verbal du 4 novembre 1852.

Prix : la présente vente a été consentie pour le prix de 35 600frs

Au 1er janvier 1883, exigible le 1er janvier 1884, mais pouvant être payé plus tôt, soit lorsque la commune acquéresse aura réalisé l’emprunt qu’elle est autorisée à contracter pour éteindre cette dette.

12 juillet 1885 : acquisition de vieux chalets
…prient Mr le Préfet autorisation d’acquérir les vieux chalets de montagne du Haut de Fier et du communal adjacent..

? (retrouver début)

Chalet ( ?) qui était entouré de toutes parts par les pâturages communaux de Manigod.

(cadastre section C n° 153 et 154)

Acquis par acte du 15 février 1911 (Mtre Denarié notaire à Thônes)

Par testament du 5 juillet 1884 (Mtre Favre notaire à Thônes, par lequel Veyrat Seran Emmanuel ( ?), feu Jean, avait légué la dite construction à Mme Josserand née Avettand Raffin( ?)

23 octobre 1921 : enquête préliminaire par laquelle le Conseil municipal de Manigod demande l’autorisation d’acquérir 3 chalets situés sur les pâturages communaux de Tardevant, pour le prix global de 9400 Frs.

Avis du commissaire enquêteur : considérant que la commune, en faisant l’acquisition des chalets dont il est question fait une opération qui deviendra d’un rapport très important par la suite et qu’elle acquiert les chalets dans de très bonnes conditions.

… avis favorable..

…l’acquisition des 3 chalets de Tardevant lui permettra d’améliorer la montagne pastorale de ce lieu et de la louer un fort prix, d’où nécessité d’acheter ces trois bâtiments. La dépense en résultant sera largement recouvrée dans l’avenir par la plus value de la location que la commune retirera de la montagne de Tardevant.

(chalets appartenant à Fillion-Robin Jean, Fillion-Robin Léopold Marius, Veyrat-Delachenal Louis).

28 décembre 1929 : achat du chalet de la Blonnière

Josserand Eugène et Avettand Raffin

Mr le Président expose que les pâturages communaux de la Blonnière ont été mis en adjudication publique et loués le 22 avril 1928, mais qu’il n’existe aucun chalet appartenant à la commune pour abriter les exploitants.

(Acheté pour la somme de 1500 frs)